Lettre de Brest à Saint-Brieuc - PURE BLACK STUDIO
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Lettre de Brest à Saint-Brieuc

Texte Lucile BRASSET
Illustration Camille MANSUY

Chère Saint-Brieuc,
Je t’écris du bout de la terre, où le souffle du vent et l’air marin ont terni avec les années le ciment blanc de mes bâtiments. Je te parle d’une ville coupée du monde, ravagée par les bombardements alliés de la Seconde Guerre mondiale, qui s’est relevée grâce à l’effort immense de ses habitants. Je suis rugueuse jusque dans ma musique, berceau d’une génération qui a cherché à travers chaque note à panser les blessures du passé.

Dans les années 60, je me relève tant bien que mal des centaines de bombardements alliés qui m’ont pratiquement détruite. Alors que mes vieilles pierres laissent place à des immeubles austères, la jeunesse locale se défoule en musique dans mes bistrots. La vague rock déferle sur mes côtes et des groupes comme les Loups noirs, les Blue Shades, les Strollers se forment. Les amateurs du genre se retrouvent à la salle La redoute, au sous-sol de l’hôtel Vauban. Ma musique est populaire, contestatrice, mélancolique et libératrice. Elle est aussi physique et compte tenu des nombreux débordements qui viennent chahuter les concerts, les femmes ont interdiction d’y assister.

Après mai 68 et en pleine crise économique, ma musique se politise encore davantage, nourrie par le mouvement punk. Premier du genre en Bretagne, le groupe Nicolas Cruel fait venir ici The Damned et Téléphone, rien que ça, pour des concerts mythiques. Ma scène n’a pas l’aura de celle de Rennes, et pourtant elle le mérite. Dans les années 80, des groupes comme UV Jets et Les Splaashh naissent, accompagnés dans leur développement par l’association Quai des brumes. Ils se produisent à la salle Stella, lieu en vogue qui accueille aussi le festival des Transmusicales.

À la même époque, on découvre pour la première fois à la télé le jeune Christophe Miossec au sein de son groupe Printemps noir. Alors pigiste au quotidien Ouest-France, il y écrivait « Brest est forcément rock. Il n’y a qu’à lorgner sur ses angles de rues coupées au rasoir, aussi déchirantes que des riffs de guitares, pour bien s’apercevoir qu’ici la casbah des rockeurs moussaillons ne s’ablutionne pas à l’eau douce. » Celui qui m’a permis de me tailler une place sur cette scène française a depuis quitté sa ville natale et en a fait une chanson.

J’ai par la suite rayonné à travers une mouvance plus celte, avec des artistes comme Matmatah, Merzhin ou Dan Ar Braz. J’ai goûté au cinéma grâce au talent de Yann Tiersen. Aujourd’hui, je lève les yeux vers la mer d’Iroise avec fierté, et je sais que toi aussi tu fais de même de tes côtes briochines.

Kenavo, Brest.

Pour aller plus loin
Toute l’histoire du rock brestois est racontée dans l’ouvrage 40 ans de rock à Brest d’Olivier Polard.

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