Julia Margaret Cameron, l'âge du débat : la photographie est-elle un art à part entière ? - PURE BLACK STUDIO
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Julia Margaret Cameron, l’âge du débat : la photographie est-elle un art à part entière ?

Texte Laure MAUD
Sélection des visuels & vidéos Laure MAUD

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J’aspirais à capter toute la beauté qui se présentait devant moi et finalement, cette aspiration a été satisfaite.

Julia Margaret Cameron

C’est au cours de mes études d’histoire de l’art et d’histoire de la photographie que j’ai découvert le travail de la photographe britannique Julia Margaret Cameron, née en 1815 dans les anciennes colonies britanniques à Calcutta. J’ai tout de suite été fascinée par l’intensité des regards de ses portraits photographiques.

Si les regards des sujets sont aussi particuliers, c’est parce que les temps d’exposition étaient longs du fait que les plaques en verre de cette époque – Julia Margaret Cameron débute sa carrière en 1863 – étaient peu sensibles à la lumière et nécessitaient donc une exposition bien plus longue que pour les films argentiques contemporains désormais nettement plus performants. On peut d’ailleurs voir sur le portrait de Mary Hillier que les petites filles Elizabeth et Kate qui l’accompagnent n’ont pas su respecter le temps de pause, ce qui fait que leurs visages sont floutés par un léger mouvement de leurs têtes.

Julia Margaret Cameron née à Calcutta mais vivant alors avec sa famille en Angleterre, accède à la reconnaissance quand elle commence à réaliser des portraits de ses amis célèbres – entre autre Charles Darwin – rencontrés par le biais de sa sœur qui tenait un salon littéraire fréquenté par la société artistique et intellectuelle anglaise. Ces portraits photographiques représentent un véritable patrimoine car ils sont parfois les seules photographies existantes de personnalités historiques.

Pour découvrir un ensemble de ces portraits sur le site Internet du MOMA
https://www.moma.org/artists/932

Ce ne sont pas ces portraits de célébrités qui ont marqué mon imaginaire mais les recherches personnelles de Julia Margaret Cameron, inspirées par le courant de la peinture anglaise dite préraphaélite, elle-même volontairement inspirée par les maîtres italiens du XVème siècle, prédécesseurs de Raphaël, un peintre et architecte italien de la Renaissance. Outre la fascination exercée par l’intensité des regards, j’ai tout de suite été touchée par la recherche esthétique sachant qu’à cette époque, la technique photographique était encore naissante et l’accent était mis essentiellement sur la précision documentaire – ce qui laissait peu de place pour la sensibilité personnelle des auteurs photographes.

Moqué à l’époque par les critiques d’art, son travail est redécouvert depuis les années 90. De nombreuses expositions rendent enfin hommage au travail avant-gardiste de Julia Margaret Cameron et notamment à ses portraits de femmes qui, au contraire des peintures de son époque, n’étaient pas des nus de femmes qui encombrent aujourd’hui bien des collections de tableaux à travers le monde.

Lorsque les Cameron reviennent en Inde pour s’installer à Ceylan, Julia se met alors à photographier les personnes qui composaient son nouvel entourage. Elle réalisa notamment un portrait de femme indienne non titré en 1875. Julia Margaret Cameron ne retournera pas en Angleterre. Elle décédera à Ceylan en 1879 en laissant derrière elle une œuvre imposante illustrant des thèmes religieux, littéraires, poétiques ou légendaires.

Pour découvrir les recherches artistiques de Julia Margaret Cameron
https://www.pinterest.fr/virgdb/photo-julia-margaret-cameron/

Les portraits de Julia Jackson, présentés ci-dessus, sont ceux de la mère de l’écrivaine Virginia Woolf – considérée comme la plus grande romancière anglaise du XXème siècle – magnifiquement interprétée par Nicole Kidman, rendue méconnaissable par un travail de maquillage remarquable dans un film que j’ai trouvé bouleversant et que je ne me lasse pas de revoir : The Hours. J’ajouterai que j’ai également été profondément émue par l’interprétation de Ed Harris, Toni Collette, Julianne Moore et John C. Reilly, l’écriture ciselée des dialogues ayant donné à chacun de ces personnages « secondaires » autant d’épaisseur et de profondeur qu’au personnage principal, Virginia Woolf.

Je vous invite à regarder une scène de ce film dans lequel Nicole Kidman donne une interprétation de Virginia Woolf stupéfiante, portée par un dialogue puissant et à la fois subtil avec l’acteur qui interprète son mari. Je ne recommande pas la bande annonce parasitée par une voix off et des effets sonores qui dénaturent profondément l’œuvre cinématographique de Stephen Daldry, ainsi que le jeu des acteurs. Le mari de Virginia Woolf est joué par Stephen Dillane – le ténébreux et magnétique Stannis Baratheon dans l’adaptation télévisuelle de Game of Thrones.

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